La réduction discrète des produits dans les grandes surfaces : un changement à venir
Le phénomène de réduction incognito des tailles de produits, communément appelé “shrinkflation”, fait face à de nouvelles mesures de transparence impulsées par le gouvernement français. Cette pratique, qui consiste à diminuer la quantité offerte sans notice préalable ni ajustement de prix, pourrait bientôt nécessiter une divulgation obligatoire aux consommateurs.
Qu’est-ce que la shrinkflation ?
En 2023, la shrinkflation est au cœur d’une inflation alimentaire aiguë. En substance, cette pratique commerciale implique une réduction de la quantité des produits sans adaptation du tarif pour le consommateur, une tactique certes légale, mais controversée. Le Ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est élevé contre cette manœuvre en la qualifiant d’escroquerie et en dénonçant la voracité des grandes entreprises.
Nouvelles obligations à l’horizon
Un arrêté, en cours de validation auprès de la Commission européenne, mettra bientôt les enseignes de grande distribution au pied du mur pour éclaircir cette question. Annoncé par le cabinet d’Olivia Grégoire, Ministre du Commerce, cette requête, si elle passe l’approbation européenne, obligera les supermarchés à notifier clairement toute baisse de volume sur l’emballage des articles concernés.
Modalités de l’indication
Les supermarchés devront afficher les changements de poids de manière visible et lisible, en indiquant : “la quantité vendue est passée de X à Y et son prix a augmenté de x % ou x euros”. Cette information devra être présentée avec une typographie au moins équivalente en taille à celle utilisée pour le prix.
Exceptions et sanctions
Cette obligation de transparence exclut les denrées vendues en vrac ou préemballées à poids variable. Les contrevenants s’exposeront à des sanctions financières pouvant monter jusqu’à 3 000 euros pour un individu et 15 000 euros pour une entité juridique.
Impact sur la distribution
Seuls les détaillants ayant une surface de plus de 400 mètres carrés seront visés par cette mesure. Cela inclut les supermarchés et les hypermarchés mais exempte les petites épiceries.
Calendrier d’application
L’entrée en vigueur de cette mesure est prévue pour le printemps prochain, avec une application effective dès le premier jour du mois suivant sa publication au Journal officiel, présumée à la fin mars 2024.
La raison derrière l’obligation des distributeurs
Le choix d’imposer cette responsabilité aux distributeurs est une solution intermédiaire, choisie pour une mise en œuvre rapide, étant donné le cadre juridique européen actuel. La ministre du Commerce voit dans cette démarche une voie réaliste à court terme, en attendant que les débats européens permettent éventuellement de reporter cette obligation sur les producteurs.
Enjeux et perspectives
La shrinkflation est également un sujet préoccupant pour les marques de distributeurs. Preuve en est le “Cactus d’or”, décerné au groupe Carrefour par le magazine 60 millions de consommateurs, pour avoir réduit les quantités de certains de ses produits. Le gouvernement, attentif à ces pratiques, prévoit de porter la question au niveau européen, afin de réviser la réglementation et d’impliquer directement les industriels dans l’avenir.


